Résumé
Depuis le début des années 2000, la culture de la féverole a connu un essor particulier en France, en grande partie grâce à la demande des pays importateurs comme l'Égypte, qui con-somment traditionnellement cette légumineuse. Aujourd’hui, les principaux débouchés de la féverole sont l’exportation et l’utilisation locale en alimentation animale. En France, il existe assez peu de transformation de la féverole à destination de l’alimentation humaine. Les dis-positifs de décorticage, de par leurs rendements faibles et leur manque de flexibilité à travail-ler différents formats de graines sont fréquemment évoqués comme frein à la consommation humaine de la féverole. Les travaux de recherche menés au sein de l’UMR IATE de Mont-pellier en collaboration avec Terres Inovia et Terres Univia visent une étude approfondie des procédés de décorticage et de séparation en lien avec les propriétés intrinsèques de la graine de féverole (morphologie, propriétés physiques et physico-chimiques, composition biochi-mique). Les expériences ont été menées sur différentes variétés de féveroles, avec des varié-tés de printemps et d’hiver sélectionnées auprès des transformateurs en vue de leur poten-tielle utilisation en alimentation humaine. Une caractérisation fine des lots a été menée (taille, géométrie, teneur en eau, taux de cendres, poids spécifique, PMG, dureté…). Le projet a exploré différents procédés de décorticage induisant des sollicitations mécaniques contrastées (impact, friction, cisaillement et compression, abrasion). Le criblage a permis de retenir deux procédés qui sont le moulin à meules et le fragmenteur à maïs. Des procédés de séparation (par densité et par taille) ont été testés afin de séparer des fractions de cotylédons et d’enveloppes. Le procédé de trieur à lit fluidisé est celui qui a été retenu en termes de rende-ment et de pureté des fractions isolées. Le projet a ainsi permis de valider l'itinéraire techno-logique du moulin à meules suivi du trieur à lit fluidisé permettant une séparation efficace des enveloppes et des cotylédons. Cet itinéraire a été validé sur différentes variétés et permet un déploiement facile auprès des producteurs de la filière. Un second volet de nos travaux s’est concentré sur l’analyse de la composition des enveloppes afin de rechercher, identifier et quantifier d’éventuels composés valorisables issues de ces co-produits (comme les sucres, polyphénols, protéines et lipides). Les retombées du projet intègrent l’objectif d’aide dans la création d’une véritable filière dédiée aux cultures de féveroles sur le territoire français et sa valorisation dans l’alimentation humaine par les procédés de première et de seconde trans-formation.