Résumé
En Afrique australe, les habitants des zones de conservation transfrontalières (TFCA) pratiquent une agriculture à petite échelle dans des environnements semi-arides limités par la présence de zones protégées et de vastes interfaces faune/bétail/homme qui s'accompagnent de conflits et d'opportunités. Dans ces contextes, l'élevage vise à soutenir les moyens de subsistance locaux malgré cet environnement semi-aride difficile et les conflits avec la faune. Afin de promouvoir le développement local et le bien-être des résidents de ces TFCAs, il est nécessaire de prioriser des interventions pour l'élevage adaptées au contexte local. L'objectif de cette étude était de tester une méthodologie permettant d'identifier les interventions basées sur la demande locale pour la production animale (bovins, petits ruminants et poulets) dans une zone communale du Zimbabwe. Cette étude s'est appuyée sur les résultats d'un atelier d'élaboration de scénarios d'anticipation et sur des questionnaires individuels pour déterminer les interventions possibles et souhaitées en matière d'élevage par les acteurs locaux. Les résultats ont été largement similaires et complémentaires entre les ateliers de construction de scénarios et l'enquête par questionnaire. Les interventions préférées étaient : la reconstitution des troupeaux avec des races adaptées à la production locale ; la formation aux pratiques d'élevage et à la production ; le soutien à la commercialisation ; le développement des aliments pour animaux et l'ajout de valeur ; les programmes de prêts pour investir dans les bâtiments d'élevage et les aliments pour animaux ; et enfin, les interventions en matière de santé animale pour réduire la lourde charge de morbidité. Les données du questionnaire individuel ont spécifié les interventions préférées pour chaque espèce domestique. Ces interventions axées sur la demande fournissent une base pour les futurs projets de développement dans la région et évitent que des approches descendantes des agences de développement ne répondent pas aux besoins locaux et manquent d'appropriation par les parties prenantes locales, nécessaires à la durabilité des interventions.