Abstract
Augmenter la diversité génétique est une stratégie prophylactique prometteuse pour lutter contreles bioagresseurs1,2. Parmi les différents types de diversification des cultures, les mélanges d’espècesou de variétés sont une pratique de plus en plus répandue qui consiste à augmenter la diversitéintra-parcellaire.Les mélanges modifient la propagation et l'évolution des bioagresseurs ainsi que les réponses dedéfense des plantes via différents mécanismes. Par exemple, la présence d’une plante voisine peutmodifier la dispersion de l’agent pathogène ainsi que son agressivité3,4. Un premier processus, l’effetbarrière, se produit lorsque les plantes résistantes interceptent les spores, empêchant ainsi leuraccès aux hôtes sensibles5. Un autre processus possible est celui de l’effet dilution, résultant d'unediminution de la proportion d'hôtes sensibles, et donc d’une réduction des ressources disponiblespour les agents pathogènes et de la concentration de spores atteignant leur hôte5. Les changementsd’architecture dans les couverts en mélanges peuvent également impacter le microclimat, celui-cipouvant intervenir dans la modification de l’épidémie, en altérant les conditions de développementdes agents pathogènes5.Les mélanges influencent également les dynamiques des populations pathogènes en favorisant leursdiversification tout en réduisant les niveaux d'infection sur l’hôte3. Ce processus est un moyend'améliorer la durabilité des résistances avec les mélanges. Cette diversification des populationspathogènes peut permettre la mise en place d’un autre processus : la prémunition, ou l’induction desdéfenses. Ce processus se déclenche lorsqu'une plante est exposée à des génotypes de pathogènesavirulents, ce qui induit des réponses de défense renforcées contre les attaques futures par despathogènes plus agressifs/virulents.Enfin, les interactions entre plantes au sein des mélanges inter- ou intra-spécifiques peuvententraîner des modifications de leur immunité à travers l’échange de signaux. L’importance de cesmécanismes et la hiérarchisation de leurs effets sur les maladies restent encore peu caractérisées. Cechapitre vise cependant à résumer divers exemples démontrant le rôle des plantes en tant quemodulateurs de l’immunité de leurs voisines, via l'échange de signaux lors des interactions entreplantes.