Résumé
Les changements en cours du climat méditerranéen réduisent les apports de précipitations et modifie le régime pluviométrique. Comment peut-on anticiper les effets de ces changements sur le fonctionnement des écosystèmes? Nous avons retenu deux espèces dominantes d'arbres ayant des réponses contrastées vis-à-vis de la contrainte hydrique: une espèce à feuillage persistant le chêne vert Quercus ilex et un résineux le pin d'Alep Pinus halepensis. Nous utilisons deux sites de mesure à long-terme lourdement instrumentés dans lequel sont mis en place des expérimentations d'exclusion de pluie totale ou partielle et d'irrigation et une série de sites alignés dans un gradient naturel d'aridité croissante de part et d'autre de ces sites centraux. Dans les exclusions partielles les espèces présentent des réponses physiologiques démontrant l'acclimatation de traits fonctionnels associés à l'assimilation du carbone ou au transport de l'eau au sein de l'arbre. La comparaison de ces résultats d'acclimatations avec les observations d'adaptations du gradient est difficile. Les changements dans l'architecture des branches semblent être un bon moyen pour les arbres d'affronter des sécheresses plus sévères. La conséquence de ces changements architecturaux est une baisse des surfaces transpirantes chez les deux espèces sans que nous en connaissions clairement les mécanismes sous-jacents. Ces changements induisent une réduction de leur vulnérabilité. Au niveau des écosystèmes les réponses sont plus complexes du fait de l'intrication de nombreux mécanismes fonctionnant avec des constantes de temps contrastées. Les changements peu significatifs que l'on observe sur la respiration de l'écosystème peut s'expliquer par les faibles changements du pool de carbone du sol, des activistes microbiennes et des communautés ectomycorhiziennes.