Résumé
Cette étude porte sur l’agriculture de conservation et la gestion durable de l’eau, dans un contexte de changement climatique où cette ressource devient limitée. L’objectif principal est de comparer l’impact de différentes modalités d’irrigation sur les services écosystémiques (SE) et les disservices écosystémiques (DSE) fournis par les couverts d’interculture. Ces plantes de service jouent un rôle clé dans la fertilité, la protection et la résilience des sols, mais leur performance dépend fortement de leur développement, donc de la disponibilité en eau. L’expérimentation a été conduite sur deux sites d’INRAE contrastés par leur climat : Toulouse-Auzeville (océanique altéré) et Montpellier-Lavalette (méditerranéen sec). Trois modalités hydriques ont été testées (pluvial, irrigation de levée, irrigation sans restriction) sur des couverts d’été (sorgho seul ou en mélange avec niébé et tournesol), suivis par des couverts d’hiver (féverole) et une culture de rente (sorgho grain). L’étude a porté sur la croissance et la biomasse des couverts, ainsi que sur plusieurs SE et DSE : restitution en azote et éléments minéraux, stockage de carbone, régulation des adventices, structuration et humidité du sol. Les résultats montrent que l’irrigation influence fortement la biomasse et donc les services rendus, surtout en climat sec. En revanche, l’impact sur la culture principale reste limité à court terme. Ces travaux montrent que l’irrigation peut renforcer les SE fournis par les couverts, mais aussi générer des DSE liés à la consommation d’eau. Elle doit donc être pensée comme un compromis, ajusté au climat et aux objectifs agronomiques, afin de concilier performance agricole et durabilité des agroécosystèmes.