Résumé
La fouille menée au 15 chemin de la Flambère (Toulouse, 31) a été réalisée par le bureau d'études Éveha sous la responsabilité de Virginie Ropiot, dans le cadre du projet de construction d’un immeuble d’habitation. L’opération a permis de mettre au jour des vestiges se rapportant à trois principales périodes. La plus ancienne correspond au Néolithique. Les structures représentées pour cette phase sont des trous de poteau et des foyers à galets chauffés circulaires de dimensions variables. Elles appartiennent à l’occupation chasséenne de Saint- Michel-du-Touch, connue et explorée de longue date dans ce secteur de l’agglomération toulousaine. Après un long hiatus, le site est de nouveau occupé à l’extrême fin de l’époque gauloise, en particulier au Ier s. av. n. è. Pour cette période, les vestiges les plus anciens se localisent principalement dans un petit quart sud de l’emprise. Il s’agit d’un sol de petits galets et de mobilier compactés, associé à un trou de poteau et délimité à l’ouest par une tranchée à amphores. Dans un second temps, d’autres aménagements se mettent en place, dont un chemin empierré dans la partie est de l’emprise et une succession de couches parfois associées à des trous de poteau et des fosses dans la partie ouest. Ces derniers vestiges, probablement de nature domestique, sont ensuite recouverts par un remblai d’époque augustéenne, repéré dans la moitié ouest et dans lequel sont aménagées quelques fosses dont la nature et la fonction sont indéterminées. Après ce court épisode transitoire, une nouvelle phase d’aménagements s’opère autour du changement d’ère. Sont alors édifiés deux bâtiments orientés nord-sud, mais dont l’utilisation ne semble guère perdurer au-delà du Ier s. de n. è. Le bâtiment 1, dont une première moitié a été fouillée en 2007 dans la parcelle v isine, présente un plan rectangulaire de près de 205 m² au total, scindé en cinq pièces de différentes superficies disposées en enfilade. À titre d’hypothèse, il est possible que ce bâtiment corresponde à la pars urbana d’un petit domaine rural ou à un bâtiment hybride accueillant des commerces au rez-de-chaussée et une partie habitation. Le bâtiment 2, d’environ 91 m², présente un plan rectangulaire bipartite et conserve une assise de fondation en galets et quelques blocs de marne. Il pourrait correspondre à une construction à vocation agricole. Cet ensemble architectural cohérent est complété par une galerie ouverte à portique se développant le long de la façade est des deux édifices, supportée par dix piliers. Après l’abandon de ces constructions, un nouveau hiatus est constaté. Deux fosses, découvertes à l’extrémité ouest, relèvent quant à elles du Moyen Âge (entre le IXe et le XIIIe s.). Quelques fosses de plantation, qui peuvent tout aussi bien être antiques que médiévales, sont également enregistrées.