Résumé
Dans quelles villes vivrons-nous demain ? Seront-elles en mesure de faire face au défi climatique, aux risques croissants de catastrophe naturelle et de pénurie d’eau ? Comment répondront-elles à l’évolution des attentes de leurs habitants, des modes de vie ? Seront-elles toujours aussi minérales qu’aujourd’hui ou verra-t-on des modèles différents donnant plus de place à la nature, aux res-sources issues de la biomasse, à la circularité des eaux et des déchets ?Ces questions nous invitent à nous projeter dans le futur pour imaginer nos territoires urbains dans un monde où les ressources se font plus rares, où le climat se réchauffe et où les attentes d’une population vieillissante évoluent profondément. Les villes d’aujourd’hui sont perçues comme des puits de nutriments et des mines de déchets : elles concentrent et « absorbent » notamment de grandes quantités de matières organiques, notamment issues des denrées alimentaires, en ne contribuant que très partiellement au bouclage des cycles. Leurs besoins en eau augmentent, sou-vent au détriment des territoires voisins. Elles sont par ailleurs très émettrices de gaz à effet de serre et sont donc attendues pour contribuer aux objectifs de décarbonation de l’Europe et de la France. Se dessine alors un enjeu majeur : celui de repenser le métabolisme des villes et la manière dont les villes produisent, utilisent, transforment et valorisent les bioressources.C’est pour explorer ces futurs possibles dans une perspective interdisciplinaire que le métapro-gramme d’INRAE « Bioéconomie pour les territoires urbains (BETTER) » a engagé une démarche de prospective centrée sur la place des bioressources dans les villes françaises à l’horizon 20501. Cette démarche vise avant tout à identifier des questions de recherche et à accompagner le dia-logue avec les territoires sur la place de la bioéconomie urbaine ; elle n’ambitionne pas de modé-liser les flux et usages liés aux scénarios produits. Ce document constitue la synthèse du rapport complet de la démarche.