Abstract
La fouille d’archéologie préventive conduite par l’Inrap en 2016, sur le site de Piechegu-ouest 2, à Bellegarde, dans le Gard, a concerné une emprise globale de 25 hectares, longue de 635 m et large de 490 m. Sur cette emprise, cinq zones de fouille, équivalant à 5,9 hectares, ont été décapées et fouillées. L’opération, qui fait suite à un diagnostic réalisé en 2015 (Bouchet et al. 2015) a livré d’exceptionnels vestiges du Paléolithique supérieur, et d’importants vestiges du Néolithique ancien à l’Époque moderne (785 structures).La Protohistoire compte 109 structures. Du Bronze moyen à la phase de transition entre le Premier et le Second âge du Fer, Piechegu a été investi régulièrement. D’une phase à l’autre, les occupations sont bien distinctes, courtes et entrecoupées de hiatus. De l’âge du Bronze ancien à l’âge du Bronze final, le talus de la Costière et la plaine au sud sont investis. De taille importante, certains silos sont bien conservés et leurs comblements sont très riches en rejets domestiques, comprenant vidanges de foyers, céramique abondante, outils de mouture, restes d’animaux domestiques et sauvages et terre crue, des fosses-silos, des foyers et plusieurs fosses atypiques ayant livré d’abondants restes fauniques. L’étude des céramiques illustre de petites occupations ponctuelles et dispersées comprenant 1 à 5 fosses par phase.Quatorze structures illustrent l’occupation de la phase de transition entre âge du Bronze et âge du Fer. Des marqueurs typo-chronologiques illustrent distinctement le début (vers 800 av. n. è.) et la fin (vers 750 av. n. è.) de cette période de transition. Une seule fosse a été mise au jour sur le coteau. Les autres, situées dans la plaine au sud, comptent deux grandes fosses polylobées sans doute liées à une activité d’extraction de matériau et des structures de stockage. Les comblements sont riches en rejets domestiques, illustrant la présence d’un habitat disparu ou proche.Durant le Premier âge du Fer, une occupation groupée, située dans la plaine au sud, compte 13 fosses (silos), dont la datation correspond à la première moitié du VIe s. av. n. è. (-600/-550).Après un hiatus d’une cinquantaine d’années, le secteur est réinvesti vers 500 av. n. è. Près de 50 silos, foyers, trous de poteaux, fosses, ainsi qu’un bâtiment sur poteaux en témoignent. Hormis à proximité de ce bâtiment, les niveaux de sols ne sont pas conservés et l’on peut supposer la présence d’autres habitats, aujourd’hui disparus. Dans le même temps, l’apparition d’un chenal, sans doute naturel, est à relier aux dynamiques de pente. La grande quantité de mobilier récolté au sein de son tracé traduit un comblement volontaire mais lent, durant toute la durée de cette occupation, c’est-à-dire entre 500 et 450 av. n. è.