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Murviel-lès-Montpellier (34), Clapissous - Colline de l’Yeuse - Route de Saint-Paul : rapport de fouille. Un sanctuaire antique aux marges de l’agglomération du Castellas
Rapport

Murviel-lès-Montpellier (34), Clapissous - Colline de l’Yeuse - Route de Saint-Paul : rapport de fouille. Un sanctuaire antique aux marges de l’agglomération du Castellas

Grégory Vacassy
11/2025

Résumé

Céramique Sculpture Peinture Mosaique Verre Monnaie Habillement Parure Restes vegetaux Faune Objet metallique Lapidaire Trou de poteau Fossé Fosse Foyer Hydraulique Bâtiment Edifice religieux Edifice public Contemporain Moderne Haut-empire Tardo-républicain Antiquité
La fouille réalisée entre février et juin 2017 sur une superficie de 3000 m², le long de D27 au lieu-dit Clapissous sur la commune de Murviel-lès-Montpellier, a livré les vestiges d’un sanctuaire antique. Il a été dégagé sur la majeure partie de sa superficie et son étude a permis de distinguer six phases d’occupation, entre le deuxième quart du Ier av. J.-C. et la période contemporaine. La première phase (-75/-50) correspond à un bâtiment, partiellement dégagé, dont le plan et les traces d’occupation en son sein orientent l’identification vers un bâtiment communautaire. À sa suite, dans la phase 2 (-50/-30), et quasiment à l’aplomb, un temple de plan classique est construit, implanté au sein de son péribole. Sa façade est malheureusement située hors-emprise ce qui empêche de caractériser son style. Cependant, l’étude céramologique ainsi que l’analyse du mobilier lapidaire et les restitutions architecturales qui en découlent permettent de resserrer la fourchette chronologique de sa construction, dans les années 40 du Ier s. av. J.-C., ce qui en fait en l’état de la documentation un des temples classiques les plus anciens de la Provincia. La phase 3 (-30/-1) voit la transformation du lieu de culte en véritable sanctuaire avec l’édification d’une place à l’arrière du temple, bordée à l’ouest par des bâtiments précédés d’un portique et au sud par un portique simple dont la construction ne semble pas avoir été menée à terme. Le bâtiment occidental est divisé en deux ailes. L’aile principale comprend une série d’au moins sept pièces, toute ouvertes sous le portique qui les précède. L’absence de traces d’occupation spécifiques orientent leur identification vers des espaces liés à la vie quotidienne du lieu et à l’accueil des pèlerins. Une aile en retour est occupée par un balnéaire partiellement dégagé. Une petite pièce, dont trois côtés sont bordés de banquettes maçonnées, est identifié à un apodyterium. Il ouvre sur un couloir permettant d’accéder à d’autres pièces non dégagées. L’alimentation en eau de l’ensemble se fait au moyen d’une réserve d’eau, large fosse creusée dans le substrat dans laquelle un escalier sommaire est aménagé. La phase 4 (1/100) est subdivisée en plusieurs sous-phases dont les deux principales (4b : 1/50 et 4c : 50/100) permettent de documenter particulièrement les gestes et rites par la découverte de plusieurs dizaines de dépôts votifs. Au début de cette phase, après un abandon partiel, le secteur du balnéaire est réaménagé sans que l’on sache si la fonction initiale est conservée. Les dépôts se matérialisent sous plusieurs formes : édicules quadrangulaire en pierres ou en tuiles au sein desquels se trouvent parfois un caillou accompagné ou non de mobilier, base d’autels maçonnées, amphores semi-enterrées avec dépôts interne. Dans la 1ère moitié du Ier s, ces aménagements sont rassemblés au sein d’une aire cultuelle ceinturant le temple. À partie du milieu du siècle deux aires cultuelles supplémentaires sont implantées au-delà de l’emprise initialement constituée par le péribole, dont au moins un mur est abattu. Le sanctuaire est abandonné au début du IIème s. (phase 5). Les édifices s’effondrent sur eux-mêmes, comme le montrent les toitures effondrées dans les bâtiments à l’ouest de la place ainsi que le mur sud de la cella du temple retrouvé à même le sol, conservé jusqu’à son entablement. Les aires cultuelles sont progressivement ennoyées dans des colluvions et de manière surprenante la base et le couronnement de l’autel principal du culte ont été retrouvé posés sur l’une d’elle, près du temple. Enfin, la fosse réservoir près de l’ancien balnéaire est comblée par un apport massif de végétaux et de bois non travaillés. Une dernière phase (phase 6) rassemble quelques rares vestiges post-antiques.

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