Abstract
Ce travail a été réalisé afin d'alimenter les réflexions en amont de la constitution éventuelle d'un programme de surveillance s'appuyant sur l'utilisation d'ADN environnemental (ADNe) ou d'ADN d'assemblages (ou massal) (ADNa), dédié aux espèces non-indigènes marines, en soutien au descripteur 2 de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin. Il s'appuie sur deux volets : 1) une revue systématique de la littérature récemment publiée (2019-2024), réalisée selon les standards de "Collaboration for Environmental Evidence" qui visent en particulier à éviter les biais d'opinion d'une revue bibliographique classique et 2) les résultats d'une enquête réalisée avec un questionnaire envoyé à des acteurs académiques et non académiques français, utilisant ou non des outils basés sur l'utilisation d'ADNe/ADNa, afin d'évaluer leurs objectifs, les méthodes employées et leur perception de ces approches. La synthèse des deux volets met en relief différents points dont la pertinence de ces approches ADNe/ADNa pour des suivis et surveillance d'ENI, associé à un intérêt des acteurs nationaux pour la mise en œuvre de ces approches dans ce contexte. Néanmoins, d'importants biais de cibles (milieux d'études ou groupes taxonomiques) et une grande hétérogénéité des pratiques ressortent de ces deux volets, ce qui pénalise encore l'approche dans le cadre d'un réseau de surveillance. Afin de consolider l'approche pour déployer un tel réseau, une série de recommandations sont faites, partant des objectifs fins de la surveillance, de la levée de verrous actuels à la mise en œuvre d'un centre de ressources dédié.