Abstract
Si Helena est le premier à évoquer la présence d'un témoin du Solutréen à la petite grotte de Bize (il va s'avérer que ce qu'il pensait être un fragment de pièce foliacée n'aura rien d'une feuille de laurier solutréenne ; voir Sacchi 1986), seules les fouilles menées par E. Genson au début des années 1930 vont atteindre une « mince couche solutréenne livrant des pointes à cran comparables à celles du Levant espagnol. » (Sacchi 1986, p. 65). L'objectif de ce diagnostic était donc de ré examiner, à la suite de D. Sacchi et G. Boccaccio (Boccaccio 2005), ce « Solutréen » au regard de la documentation récente acquise dans le cadre de plusieurs programmes de recherche et en particulier le PCR SaM sur les industries solutréennes du Nord aquitain et du piémont pyrénéen (Ducasse et Renard coord.). Nous étions par ailleurs conscients de possibles mélanges d'industries d'âges distincts au sein de la couche 6 des fouilles E. Genson. Signalé par D. Sacchi, la couche 6 « comporte au sein d'un mobilier typique du Solutréen supérieur, un petit nombre d'outils en silex typologiquement gravettiens » (Sacchi 1986, p. 57). Outre cette composante gravettienne, des raclettes ont également été repérées au sein des vestiges de la couche 6. Nous avons en conséquence porté un regard particulièrement attentif au lot de pointes à cran ainsi qu'à un fragment probable de feuille de laurier, seuls vestiges de la couche 6 conservé au musée archéologique de Narbonne. Nous pensions dans un premier temps pouvoir compléter ce diagnostic des outils caractéristiques par des informations obtenues à partir du matériel brut associé, conservé au musée du Biterrois de Béziers. La série initiale, associée au Solutréen de la petite grotte de Bize se composait initialement, selon D. Sacchi (1986), de 420 objets dont 95 outils parmi lesquels 26 pointes à cran. Malheureusement, nous n'avons pu que constater les importants problèmes de conservation de cette partie de la collection Genson.