Résumé
Les zoonoses représentent un problème majeur depuis toujours sur l’économie mondiale et la santé publique. Pour limiter au mieux leur expansion, de nombreux programmes de recherche sont lancés en vue de prévenir, surveiller et lutter contre ces maladies. Le programme Edenext a pour mission d’étudier certains hantavirus qui provoquent des fièvres hémorragiques à syndrome rénal chez l’homme. Pour comprendre la persistance et la circulation des agents infectieux, il faut dans un premier temps connaître le rôle et le fonctionnement des animaux réservoirs. Nous nous sommes intéressés à l’hantavirus Puumala et à son hôte, le campagnol roussâtre Myodes'glareolus.'Notre hypothèse était que la dynamique des populations du campagnol détermine la prévalence de l’hantavirus. Nous avons testé cette hypothèse en nous appuyant sur des paramètres génétiques, la richesse allélique (A) et de l’isolement génétique (FST), qui donnent une mesure indirecte de la dynamique des populations des campagnols. Ainsi, lorsque A est faible et FST élevé, cela sous entend que la population est de petite taille et isolée (peu ou pas de liaison avec les autres populations). Dans le cas contraire (A fort et FST faible) c’est une population de grande taille et avec une grande connectivité avec d’autres populations. La zone d’étude se situe dans la Flandre belge. Cette région est caractérisée par une faible prévalence à l’hantavirus et par un paysage forestier fragmenté, composé de bosquets et de réseaux de haies assez isolés. Au total nous avons travaillé sur 375 animaux capturés à l’Automne 2004 dans 15 sites d’étude. La diversité génétique a été mesurée à l’aide de 19 marqueurs microsatellites. L’étude a révélé que la prévalence, bien que faible en général, était très corrélée aux paramètres génétiques, en particulier à la diversité génétique (A) : prévalence élevée dans les grandes populations bien connectées aux autres (A élevé) et faible dans les petites populations isolées (A faible). La comparaison avec d’autres travaux révèle que cette observation peut être généralisée à d’autres régions géographiques (Finlande et France) et dans d’autre type de paysages (grands massifs forestiers boréals et tempérés) caractérisés par de fortes prévalences d’hantavirus Puumala, Ce travail ouvre des voies de compréhension sur les facteurs qui limitent la distribution géographique de ce virus en Europe de l’Ouest.