Résumé
La fouille menée à l'été 2016 sur le site de Cléry-Saint-André Les Hauts Bergerets aura permis de mettre en évidence des indices d'occupation allant de la Protohistoire à l'époque contemporaine, avec deux ensembles majeurs centrés d'une part sur le Bronze final, et d'autre part sur le haut Moyen Âge. Elle vient préciser et compléter les connaissances archéologiques acquises sur ce secteur à la fois par le diagnostic réalisé en 2012 (Musch 2013) et une première opération de fouille menée en 2014 (Jaffrot 2016).L'occupation la plus ancienne est matérialisée par une enceinte à fossés interrompus, dont le tracé s'étend largement au-delà de l'emprise. Le mobiliercéramique, abondant, permet de placer cet ensemble au Bronze final IIIb. La quantité recueillie ainsi que la qualité de certaines productions posent la question du statut du lieu, même si la composition du corpus invite à privilégier pour cette enceinte une fonction d'habitat. Bien que la fenêtre de lecture en ait limité l'observation, elle constitue un ensemble relativement exceptionnel pour l'âge du Bronze.Au sud-est de l'emprise a également été reconnu un enclos circulaire, très arasé, dont la datation n'a pu être précisée. La seconde phase d'occupation majeure se place au haut Moyen Âge. Ellecomprend plusieurs fossés matérialisant d'une part un possible axe de circulation, et correspondant d'autre part à divers états d'un réseau parcellaire qui viennent structurer l'espace et vraisemblablement conditionner l'implantation des autres vestiges. Ainsi, plusieurs silos se regroupent très clairement en deux zones distinctes, respectivement au nord et à l'ouest de l'emprise, chacune semblant délimitée à la fois par les fossés et par un alignement de trous de poteau. Le cadrechronologique fourni par la céramique s'inscrit dans une large fourchette entre le VIIIe et le XIe siècle, mais l'homogénéité des productions révèle surtout une occupation courte qui se situerait entre la fin du IXe et le début du Xe siècle. La nature des vestiges et la fourchette chronologique font directement écho à l'occupation mise au jour sur l'emprise fouillée en 2014, et invitent à conclure que ces deux opérations représentent deux fenêtres d'observation d'un même site. La nature qualitative des assemblages de mobiliers tend à indiquer deux espaces à vocation bien différente, permettant d'envisager la présence de l'habitat à l'ouest et une fréquentation moindre et à l'écart des espaces domestiques à l'est. En outre, plusieurs éléments invitent à s'interroger sur la caractérisation économique et sociale du site et de ses occupants.Enfin, un petit groupe de fosses-dépotoirs recelant un important lot de mobilier détritique – comprenant notamment vaisselle et ustensiles domestiques datant de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle – a été mis au jour.