Abstract
L’opération archéologique préventive de Casa Pieraggi concerne unétablissement d’époque romaine dont la sauvegarde par l’étude a étéprescrite par le Service Régional de Corse en raison des risques dedestruction provoqués par le projet de construction d’une maisonparticulière sur son emplacement. Le particulier aménageur a confié laréalisation de la fouille préventive à l’INRAP. L’emprise de fouille délimitéepar l’autorité scientifique concernait 600 m2 environ permettant d’étudierl’établissement antique dans son environnement proche. Le décapageréalisé a permis de mettre au jour sur 200 m2 la partie ouest d’un bâtiment.Ce dernier se poursuit, à l’est, dans la parcelle voisine sans que la surfacetotale de son extension ne soit connue. D’une façon générale, l’occupationdu site s’inscrit, par le mobilier céramique peu abondant recueilli, dansun intervalle allant du IIIe au Ve s. ap. J-C. La fonction de la fraction dubâtiment mis au jour paraît dévolue pour partie à la production viticoledans un premier temps. Ainsi, dans sa phase primitive de fonctionnement,la seule pièce totalement mise au jour comprend un grand bassin lié à unpossible fouloir. En revanche, la fouille n’a pas livré d’information surle stockage : les fragments de dolia observés sont en position secondaireet utilisés parfois dans l’architecture même. Dans un second temps, lebassin est utilisé en lien avec un petit dolium en remploi dans un espacepossiblement culinaire ou proche d’une cuisine. L’identification d’unespace thermal contemporain ou postérieur jouxtant l’espace dévoluaux production agricoles est suggérée par l’architecture d’une pièce et ladécouverte de fragments de terres cuites architecturales spécifiques.Par comparaison avec les autres établissements ruraux d’époque romaineconnus en Corse, celui de Casa Pieraggi frappe par la spécificité de sonarchitecture alliant galets, terre cuite architecturale et architecture de terrecrue, par la rareté du mobilier céramique avant tout culinaire et par le modede construction d’un bassin qui, pour le moment, paraît être le plus grandconnu en Corse pour l’époque romaine.