Résumé
La confusion est très fréquente entre sobriété, efficacité, recyclage et substitution. Une réponse aux pénuries d’eau lors des sécheresses est souvent la mobilisation d’autres ressources en eau, ce qui va de l’interconnexion des réseaux d’eau potable, à la réutilisation d’eaux non conventionnelles, en passant par le stockage, jusqu’aux transferts interbassins. Ces réponses ne conduisent pas à une réduction des dépendances. Les économies d’eau sont principalement obtenues par des moyens techniques (augmentation de l’efficacité). Il s’agit là d’une adaptation a minima des modes de production et de consommation (Barles, 2024), qui peuvent avoir des externalités négatives, aggravées par des tendances liées au changement climatique et à l’épuisement des ressources. La sobriété se distingue de la réduction/l’économie, dans son principe : il s’agit de s’organiser collectivement et culturellement pour adapter les modes de production et la consommation en eau à la satisfaction des besoins dans les limites des ressources planétaires. La sobriété permet d’augmenter la résilience aux chocs inévitables, de réduire les coûts et renforcer la compétitivité (en évitant le gaspillage et les investissements inutiles dans des infrastructures), de faciliter l’atteinte des objectifs en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, des pollutions, et de sauvegarde de la biodiversité. Atteindre la sobriété nécessite : o de la formation et de l’information ;o une implication de tous les secteurs, en particulier la production d'énergie ; l’extraction de matières premières et la production agricole ; o des gouvernances participatives et une planification à long terme : le caractère inéquitable de certaines décisions de partage conduit à des pratiques non sobres ;o une concertation locale sur l’allocation des volumes prélevables impliquant l’ensemble des acteurs concernés.