Résumé
Cet article étudie ce que les maîtres écrivains britanniques du XVIe au XVIIIe siècle considéraient comme les pouvoirs particuliers de l'écriture manuscrite à travers leurs nombreux traités : leurs affirmations selon lesquelles l'écriture manuscrite abolissait « miraculeusement » le temps, que le destinataire absent pouvait être rendu présent, que l'écriture abolissait les distances, garantissait la confidentialité de la communication, défiait la mortalité, favorisait la connaissance et la mémoire collective.L'article conclut que leurs objectifs n'ont jamais été pleinement atteints, en grande partie à cause de la complexité de l'acte d'écrire pendant la première modernité, et en raison des contraintes intrinséques de tout échange épistolaire. Cependant, les maîtres écrivains furent capables de donner naissance à des communautés imaginaires. En posant ces fondements importants, ils allaient assurer l'avenir social et esthétique de l'écriture manuscrite.