Résumé
Cet article propose une interprétation théorique du mécanisme en vue de la réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts (REDD+) sous la forme d'une relation contractuelle entre pays dans le cadre de la théorie des incitations. Deux éléments cruciaux sont introduits : l'imperfection de l'information relative aux niveau de déforestation de référence et l'existence de coûts exogènes de transaction et de mise en oeuvre des projets de réduction de la déforestation. Sous ces hypothèses sont comparés deux types de contrats : un contrat fondé sur la performance en termes de déforestation et un contrat conditionnel à la déforestation évitée. En raison des coûts de transaction et de mise en oeuvre, chaque type de contrat REDD+ implique un arbitrage différent rente informationnelle / efficacité. Lorsque le contrat est fondé sur la performance ex post (resp. sur la conditionnalité), les rentes informationnelles sont versées aux pays dont les niveaux de référence de déforestation sont les plus faibles (resp. élevés). Dans un cadre quadratique simple, nous montrons qu'il existe un niveau de déforestation de référence seuil en termes d'efficacité de la réduction de la déforestation. En termes de bien-être espéré, les contrats fondés sur une approche conditionnelle sont préférables à ceux fondés sur la performance ex post.