Abstract
La quantification du relief et des formes qui le composent n’est pas chose nouvelle. Elle est sans doute aussi ancienne que la géomorphologie que ce soit à des fins cartographiques, technique ou scientifique. L’usage fut de qualifier cette démarche de « morphométrie » qui resta cependant marginale dans la pratique essentiellement naturaliste et cartographique. La géomorphologie en tant que science étudiant les rapports entre le relief de la Terre et les processus morphogéniques procède à une quantification plus ou moins explicite, plus ou moins élaborée des caractéristiques des formes de terrain en tant qu'élément de diagnostic. Toutefois, on note, tout particulièrement dans la géomorphologie française, une tendance à considérer cette démarche comme accessoire et marginale par rapport au corpus méthodologique de la discipline. Or les MNT Haute Résolution (HR) dont le Litto3D métrique apporte enfin un produit d’une qualité permettant de bien rendre compte du modelé fluviatile. L’hydrogéomorphométrie qui cherche à quantifier les relations entre les formes du relief et les processus morphogéniques et notamment hydrologiques se voit ouvrir de nouvelles perspectives. L’une d’elle consiste à étudier la dyade rivière/talweg, pour mieux définir les propriétés dynamiques des écoulements de surface à des échelles proches de la physique des processus alors que les MNT décamétrique et a fortiori hectométrique ne le permettaient pas ou peu, en particulier pour les têtes de ravines et les vallons d’érosion régressive. Un article de la revue Nature de décembre 2012 traite de la question « The root of branching river networks » (Peron et al., 2012). La démonstration est basée sur l’application de modèles physiques à des MNT HR.