Abstract
Depuis sa naissance en Suède au 18e siècle, la taxonomie linnéenne permet de dédier des espèces à des personnes en leur attribuant leur nom (éponymes). Cette pratique s’avère être assez peu équilibrée, avec une proportion importante d’espèces dédiées à des hommes d’Europe et d’Amérique du Nord, alors que la biodiversité est plus riche entre les Tropiques qu’aux latitudes supérieures. Le nom d’une espèce peut avoir un impact significatif sur l’attachement du public à celle-ci, et donc sur sa préservation. Si depuis longtemps certaines espèces portent le nom de personnes parfois peu recommandables (dont des coupables de crime contre l’humanité), ce n’est que très récemment que l’éventuel remplacement de noms d’espèces censés être immuables fait l’objet de débat. Une approche plus équilibrée et inclusive apparaît désirable dans le choix des noms des nombreuses espèces qu’il reste à décrire.