Résumé
Selon plusieurs études, la séquestration du carbone dans les sols agricoles pourrait contribuer, à coût relativement faible, à réduire la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre. Néanmoins, l'efficacité de cette solution dépend crucialement du potentiel additionnel de séquestration de carbone dans les sols agricoles, lequel résulte de la qualité des terres, et de l'historique des types de cultures et des pratiques adoptées par les agriculteurs. L'objectif de ce papier est de définir des mécanismes incitatifs pour stimuler la séquestration de carbone par les firmes agricoles. Le régulateur doit en effet tenir compte de l'hétérogénéité des terres et obtenir la révélation de l'information privée détenue par les agriculteurs sur leurs pratiques passées. L'une des nouveautés de notre approche est de considérer le potentiel additionnel de séquestration de carbone comme une ressource épuisable. Nous construisons alors un modèle principal-agent intertemporel, avec sélection adverse. Nous caractérisons analytiquement le sentier optimal de séquestration du carbone par analogie avec l'extraction d'une ressource épuisable.