Résumé
Humanisé et socialisé au fil du temps, l’animal a changé de statut et fait dorénavant partie de notre quotidien. Dans les domaines sociaux, éducatifs, sanitaires, la mise en relation intentionnelle Homme-Animal a montré des interactions positives. Ce numéro de Gérontologie et société aborde les rencontres entre humains et animaux au prisme du vieillissement et invite à envisager cette relation comme le reflet de notre propre vieillissement. Si la première utilisation volontaire de l’animal au profit de la santé humaine remonte au IXe siècle, elle se traduit aujourd’hui en termes d’interventions non médicamenteuses. Auxiliaire des thérapies conventionnelles, l’animal joue un rôle d’intermédiaire entre le soignant et la personne ciblée. Ce dossier revient sur nombre d’expériences associant chiens et chevaux et sur les conditions nécessaires pour qu’elles produisent un effet scientifiquement mesurable, socio-professionnellement pertinent et signifiant pour les personnes concernées. Les données convergent toutes vers le fait que l’animal devient moteur, au sein de l’institution, de différentes formes de liens sociaux en particulier pour certains patients atteints de maladies neuro-évolutives et qu’il suscite également une dynamique collective au sein de l’établissement. Toutefois, les bienfaits pour la santé et le lien social liés à la possession d’un animal de compagnie en général (hors de l’institution) varient en fonction du type d’animal et du mode de vie de la personne âgée. En outre, si un article invite à penser à notre rapport au vieillissement à travers l’étude des animaux dans les films de Walt Disney, ce dossier aborde les questions éthiques concernant les interventions assistées par l’animal, notamment en ce qui concerne le bien-être animal. Enfin, les technologies des « robots-animaux de compagnie » mis au service de la relation et du soin, questionnent à nouveau frais nos relations « au-delà des humains » quand l’âge avance.