Résumé
Le transhumanisme est une idéologie qui prône l’utilisation sans limite des nouvelles technologies du vivant et de l’information (NBIC : nanotechnologies, biotechnologies, informatique et neurosciences) pour améliorer l’espèce humaine : rendre l’homme plus fort, plus intelligent et en meilleure santé, prolonger son espérance de vie et vaincre la mort. Ses partisans se structurent en partis politiques, à l’image du parti transhumaniste américain créé en 2014 (Transhumanist party), des formations allemande (TPD) et britannique (TPUK) fondées en 2015 ou encore du parti de la longévité institué en Russie. Ils envisagent la création d’un mouvement plus large d’envergure européenne voire mondiale (Party Transhumanism Global). Leur ambition est de sensibiliser l’opinion publique et de constituer une base légale pour fonder juridiquement les objectifs du transhumanisme.L’objet de ce dossier est de s’interroger sur la légitimité de ces objectifs du point de vue de la théorie des droits de l’homme. Digitaliser le cerveau, télécharger la conscience dans un ordinateur, naître d’un utérus artificiel, créer des bébés sur mesure et à la carte, vivre indéfiniment et en bonne santé… autant de finalités qui, au regard des risques qu’elles comportent, demandent à être interrogées tant sur le terrain philosophique que juridique. En tant que cadre juridique global et au regard des nouveaux droits de l’homme revendiqués, la norme constitutionnelle méritera, à titre d’anticipation, d’être repensée à la lumière des promesses transhumanistes qui ne manqueront pas, non plus, d’affecter à la faveur des progrès exponentiels de l’intelligence artificielle, nos modes de gouvernance et le fonctionnement politique de nos sociétés. Tels sont les trois domaines philosophique, juridique et politique que les participants tenteront d’explorer dans ce dossier à la lumière du défi transhumaniste.