Résumé
Dans un monde majoritairement littéracié comme le nôtre, savoir lire et écrire est une compétence qui participe de la socialisation langagière et de l’insertion sociale (Lang, 2019). Aussi, acquérir et développer des compétences littéraciques représente un enjeu conséquent pour les adultes qui n’ont pas ou très peu été scolarisés. Pour désigner l’apprentissage et le développement de ces compétences littéraciques à des publics allophones pas ou peu scolarisés, on se réfère souvent à l’”alphabétisation”, terme qui n’est pas sans présenter quelques ambiguïtés, d’abord parce qu’il est “susceptible de recouvrir des réalités très différentes” (Lagarde, 1978 : 3), ensuite car, pris dans son sens littéral, il laisse à penser qu’il suffirait de connaître son alphabet pour être alphabétisé. Nous avons ainsi pu observer dans l’océan Indien (La Réunion, Mayotte) des séances d’alphabétisation où les intervenants faisaient de la lecture et de la récitation de l’alphabet l’alpha et l’oméga de l’entrée en littératie. Malgré ces inconvénients, ce terme, abrégé en “alpha”, présente l’avantage d’être associé à un domaine particulier de la formation pour adultes que nous évoquons ci-dessous.