Résumé
Les infarctus médullaires sont souvent difficiles à diagnostiquer et à distinguer des autres myélopathies aiguës à la phase initiale. De nouveaux critères diagnostiques ont été proposés par Zalewski et al. en 2019.
Notre objectif principal est d’évaluer la sensibilité et la spécificité des critères Zalewski 2019. Notre objectif secondaire est d’identifier d’autres marqueurs radio-cliniques associés aux myélopathies ischémiques aiguës spontanées (MIAS).
Nous avons réalisé une cohorte rétrospective multicentrique des MIAS issus des centres hospitaliers de Montpellier, Nîmes, Marseille et Perpignan ainsi qu’un groupe monocentrique de myélopathies aigues spontanées contrôles (MASC) du CHU de Montpellier, entre le 1er janvier 2010 et le 1er janvier 2021. Nous avons appliqué les critères de Zalewski 2019 à notre population.
Au total, 70 patients avec une MIAS et 45 avec une MASC ont été identifiés. En considérant les critères Zalewski définis, probable et possible confondus, la sensibilité et la spécificité des critères était de 83 % et 95 % respectivement à la phase initiale. 17 % des patients MIAS ne remplissaient pas les critères car présentaient un déficit non sévère. La restriction de diffusion à l’IRM était très sensible (92 % des MIAS) mais peu spécifique (75 %).
Nous proposons que le déficit aigu sévère ne soit pas utilisé comme un critère obligatoire. La restriction de diffusion ne devrait pas être considérée comme pathognomonique d’infarctus médullaire. Une douleur dorsale de novo, une aréflexie et un sondage urinaire lors de la présentation semblent être des marqueurs discriminants supplémentaires en faveur d’une MIAS.
Les critères de Zalewski 2019 sont relativement sensibles et spécifiques pour le diagnostic de MIAS, particulièrement chez les patients avec un déficit sévère, mais ne permettent pas d’éliminer définitivement un diagnostic différentiel.