Résumé
La chirurgie robotique est en plein essor en particulier en chirurgie colorectale. Comme toute nouvelle technique deux questions se posent : quelle est la courbe d’apprentissage de cette technique ? Y a-t-il des risques pour les patients soumis à cette courbe d’apprentissage ?
Il s’agit d’une étude prospective, multicentrique impliquant 4 centres universitaires français. L’analyse a concerné les chirurgiens sans expérience préalable de la chirurgie robotique et ayant réalisé au moins 25 résections antérieures basses avec rétablissement pour adénocarcinome du rectum. Deux paramètres ont été analysés pour évaluer la courbe d’apprentissage : la durée opératoire avec la méthode CUSUM et le taux de conversion par la méthode RA-CUSUM. Les différentes phases de la courbe d’apprentissage ont été identifiées. La morbidité selon Dindo, les marges distales et circonférentielles, le nombre de ganglions prélevés et la qualité du mésorectum ont été analysés et comparés entre les différentes phases de la courbe.
Au total, 991 patients opérés d’une chirurgie colorectale ont été inclus prospectivement dont 483 pour un cancer du rectum. Les données de 3 chirurgiens ayant réalisé plus de 25 procédures ont été analysées (133 procédures). L’analyse montrait que la learning curve évaluée sur la durée opératoire et le taux de conversion était atteinte après respectivement 12 à 21 procédures et 9 à 14 procédures sans différence entre les phases d’apprentissage sur les critères de sécurité et de qualité.
L’étude montrait que la learning curve était atteinte après 12 à 21 procédures sans sur-risque pour les patients durant la phase d’apprentissage.