Résumé
Le choix de la procédure chirurgicale, dans le contexte d’une arthrose secondaire à une séquelle de disjonction scapho-lunaire (SLAC), de pseudarthrose scaphoïdienne (SNAC) et de chondrocalcinose (SCAC), se fonde respectivement sur les classifications radiographiques de Watson, Vender et Romano reposant uniquement sur l’analyse sur une radiographie de face des interlignes radio-scaphoïdien, scapho-capitate, capito-lunarien et radio-lunarien. Une arthrose méconnue sur les autres interlignes peut être responsable de douleurs post-opératoires après chirurgie palliative. Aucune étude n’a recensé les différences de profils dégénératifs en arthroscanner entre le SLAC, le SNAC et le SCAC. L’objectif de notre travail est de proposer une nouvelle approche du diagnostic en réalisant par arthroscanner une cartographie comparative de la sévérité et de l’étendue des lésions dans le SLAC, SNAC et SCAC. 68 arthroscanners de patients présentant différents stades de SLAC (n=44), SNAC (n=20) et SCAC (n=4) ont été inclus rétrospectivement. L’analyse de la répartition et de la sévérité de la chondropathie au sein de 10 articulations du carpe a été réalisée par un senior spécialisé en imagerie ostéo articulaire et un interne d’orthopédie. Les tests statistiques utilisés ont été le test de Fisher pour l’analyse comparative et le Cohen's Kappa coefficient pour l’analyse inter observateur. Interligne Scapho-Trapézo-Trapézoïdien : majoritairement respecté dans les SLAC (77 %) et les SNAC (80 %), avec une atteinte partielle dans 20 % des SLAC et SNAC. Son atteinte partielle était majoritaire dans le SCAC (75 %). Interligne Luno-Hamatale : atteinte partielle dans 57 % des SLAC Viegas 2 et 30 % des SNAC Viegas 2. Interligne Hamato-Triquétral : majoritairement préservé indépendamment de l’étiologie avec aucune atteinte dans 97 % des SLAC (1 cas d’atteinte partielle), 100 % des SNAC. Toutefois 25 % des SCAC avait un interligne altéré. Interligne Piso-Triquétral : L’atteinte était présente dans 75 % des SCAC, 43 % des SLAC et 15 % des SNAC. Quand l’opacification était suffisante, on retrouvait une atteinte partielle et totale dans 34 % et 6,2 % des SLAC contre 12,5 % et 0 % des SNAC. L’analyse arthro-scannographique permet d’identifier des différences entre les profils dégénératifs des SLAC, SNAC, et SCAC en regard d’articulations écartées par les classifications usuelles. Ce constat justifie l’élaboration d’une nouvelle classification. L’apport diagnostique de l’arthroscanner a permis de remettre en question les classifications historiques radiographiques, sur lesquelles sont basées les indications chirurgicales. Une autre approche doit donc être choisie dans la description de ces profils dégénératifs grâce à une nouvelle classification, pour mener à long terme, à une conception rénovée du traitement chirurgical.