Résumé
Le mildiou et l’oïdium sont les deux principaux parasites cryptogamiques de la vigne. Bien que l’efficacité du cuivre et du soufre contre ceux-ci ait été découverte au XIXème siècle, et que des progrès considérables aient faits depuis dans la protection phytosanitaire des vignobles, le coût de celle-ci est élevé et ces deux parasites sont souvent difficiles à maîtriser. En 1974, l’INRA a entrepris la sélection de variétés résistantes par l’introgression chez Vitis vinifera de gènes issus de l’espèce Muscadinia rotundifolia. Un gène, dénommé Run1, conférant une résistance totale à l’oïdium a été introduit par six recroisements successifs à partir d’un hybride F1. les obtentions possédant le gène Run1 sont actuellement évaluées pour leurs aptitudes qualitatives et culturales. De façon intéressante, ces obtentions ont montré une résistance au mildiou, sans que l’on sache pour l’instant si le gène Run1 en est responsable. Les recherches sont en cours pour identifier chez M. rotundifolia et introduire chez V. vinifera d’autres gènes conférant une résistance élevée au mildiou ; afin de transférer la résistance à l’oïdium aux cépages traditionnels, le clonage et le séquençage du gène Run1 ont été entrepris en collaboration avec le CSIRO australien. Pour garantir sa durabilité, cette résistance monogénique sera couplée avec une résistance partielle obtenue par introduction de gènes codant pour des PR (pathogenesis-related) protéines susceptibles de perturber le développement du champignon