Résumé
Variation des composés volatils du bois dans un peuplement mixte de chênes : forte différenciation interspécifique et forte structuration spatiale de la quantité de whisky-lactone. Les effets de l’espèce de chêne et des conditions écologiques locales sur les teneurs en composés volatils ont été étudiés dans un peuplement équienne (100 ans) situé dans l’ouest de la France. L’échantillon total inclut 286 arbres (118 chênes sessiles, 158 chênes pédonculés et 10 chênes intermédiaires) répartis en mélange dans trois zones écologiques du peuplement (plateau, pente et fond de vallon). Le facteur principal qui influence la teneur en extractible du bois de chêne est l’espèce botanique. L’effet environnement apparaît négligeable et il n’existe aucune relation entre la largeur de cerne et les substances volatiles. Le bois de chêne sessile (Q. petraea) possède des teneurs plus élevées que le chêne pédonculé (Q. robur) en eugénol et en whisky-lactone (10,8 μg/g contre 0,6 μg/g). Cependant, les chênes sessiles se divisent en deux groupes, l’un pauvre en whisky-lactone et l’autre riche en ce composé. Parmi ce dernier groupe, on observe que l’une des deux formes stéréoisomères (cis ou trans) prédomine, suggérant que leur biosynthèse n’est pas indépendante. On constate enfin une forte structuration spatiale pour les whisky-lactones pour les deux espèces combinées mais également chez Q. petraea seul pour l’isomère cis