Résumé
L’AVC entraîne le plus souvent un déficit sensori-moteur au membre supérieur. Malgré la récupération de la fonction motrice, certains patients persistent à utiliser des compensations, c’est la non-utilisation apprise [1]. À l’aide d’accéléromètres il est désormais possible d’évaluer l’utilisation quotidienne des membres supérieurs via un ratio d’utilisation de ces membres pour adapter la prise en charge [2,3]. Cependant aucune étude ne montre si cette méthode d’estimation des mouvements et le ratio qui en découle correspondent à la réalité observable sur le terrain. L’objectif de cette étude est d’évaluer la validité concourante du ratio d’utilisation des membres supérieurs avec des accéléromètres en situation écologique, après un AVC.
Dans cette étude, 7 sujets ont réalisé 3 taches écologiques en portant un bracelet accélérométrique à chaque poignet et en étant filmé. Afin d’étudier comment est organisée la variance, nous avons réalisé un Bland & Altman de la mesure du ratio à partir des accéléromètres par rapport au ratio d’utilisation calculé par l’analyse vidéo de l’activité (mais également du nombre de mouvements bruts estimés par les accéléromètres en fonction de ceux observés par l’analyse vidéo).
Les analyses indiquent que cette méthode offre une estimation fidèle du ratio de mouvements fonctionnels (un biais systématique de +0,014 et aucun biais proportionnel), mais montre une variabilité notable et une tendance à sous-estimer le nombre de mouvements brutes (biais systématique de –191,7).
Ces résultats préliminaires nous invitent à nous concentrer d’avantage sur l’amélioration de la sensibilité des algorithmes des accéléromètres et sur l’ajustement des seuils de détection pour minimiser ces biais et variabilités. Ils seront à confirmer avec un nombre plus important de sujets. Les perspectives d’évaluation, de suivi à domicile, voire d’inclusion de ces dispositifs dans des programmes d’auto-rééducation sont nombreuses et prometteuses.