Résumé
Résumé La surexploitation de la faune sauvage est répandue dans de nombreuses régions tropicales, et en plus d'être une préoccupation importante en matière de conservation et de durabilité, elle a attiré l'attention mondiale étant donné les discussions sur les origines des épidémies de maladies zoonotiques. Là où la consommation de la viande de brousse par les résidents urbains est insoutenable, elle a été identifiée comme un défi socio‐environnemental majeur, étant donné qu'elle est un facteur important du déclin de la faune. Pourtant, les informations sur les consommateurs urbains de viande de brousse et les moyens possibles de cibler les interventions en matière de conservation font défaut. En utilisant l'un des plus grands ensembles de données sur les consommateurs urbains de viande de brousse (1391) collecté à travers des questionnaires structurés dans 20 villes du Cameroun, nous modélisons les facteurs démographiques, psychographiques et spatiaux associés aux modèles de consommation de viande de brousse dans le sud du Cameroun. Nous constatons que près de la moitié des consommateurs échantillonnés mangeaient de la viande de brousse une fois par semaine ou plus, et découvrons que la probabilité d'être un consommateur fréquent était plus grande chez les hommes, ceux vivant dans de plus petites villes, et ceux qui ne considèrent pas qu'il y ait un lien entre la consommation de viande de brousse et les maladies. Les espèces de pangolins menacées sont très appréciées par les consommateurs urbains, et la plupart des consommateurs ne considèrent pas qu'il y ait un lien entre la COVID‐19 et les pangolins. La plupart des répondants avaient consommé de la viande de brousse depuis le début de la COVID‐19 et n'avaient pas réduit leur consommation de viande de brousse en raison de la COVID‐19. Pour la première fois, nous montrons que les consommateurs qui rejettent un lien entre la consommation de viande de brousse et les maladies ainsi que ceux avec un revenu plus élevé étaient moins susceptibles d'avoir diminué leur consommation de viande de brousse. Nous avons identifié des parties prenantes, dont les enseignants et les leaders religieux/communautaires, comme des messagers potentiellement appropriés pour des campagnes de réduction de la demande, la télévision et la radio étant les canaux de communication les plus fiables parmi les consommateurs de viande de brousse. De manière cruciale, notre étude fait progresser la compréhension scientifique actuelle des facteurs qui influent sur la fréquence de consommation de viande de brousse et le changement dû à la COVID‐19 parmi les consommateurs urbains (en particulier les croyances en matière de santé et la taille des établissements). Nous discutons de la manière dont nos résultats pourraient être utilisés pour concevoir des interventions de réduction de la demande de viande de brousse afin de rendre la consommation de viande de brousse durable au Cameroun, et notre approche appliquée à l'échelle pan‐tropicale.