Résumé
On peut aisément s’accorder à définir les objectifs de l’enseignement universitaire
scientifique comme étant orientés vers l’appropriation des concepts spécifiques à la discipline
et la mobilisation de ces concepts dans l’élaboration de raisonnements scientifiques, ce qui
revient à dire du point du langagier, une appropriation d’un lexique et d’un discours spécifiques.
Pour construire ce que Bachelard (1938) nomme l’« esprit scientifique », les enseignants
des universités françaises proposent des situations d’apprentissage qui, en reproduisant le
raisonnement scientifique, favorisent son appropriation et la production du discours scientifique.
Les spécificités de la communication pédagogique propre à ce genre de formation déterminent des exigences en termes de compétences langagières dont les étudiants non francophones ne disposent pas ou peu du fait notamment de pratiques pédagogiques différentes de celles adoptées dans leur formation d’origine : modes de transmission, d’évaluation, rapport à l’enseignant, etc. De ce fait, la principale mission de l’enseignement du français sur objectifs universitaires nous semble être l’appropriation de pratiques pédagogiques différentes qui passe par le développement chez ces apprenants de savoir-faire dans la réalisation d’activités d’apprentissage en situation universitaire française, intimement liés au développement de savoir-être qui leur permettront de définir une posture d’apprenant. C’est ce choix didactique que nous avons fait au cours l’enseignement qui nous avons mené auprès d’étudiants étrangers inscrits en Licence 1 de Sciences de la Vie et de la Santé. Après avoir défini le public concerné, ses besoins et les objectifs de la formation proposée, nous montrerons au cours de cette communication la pertinence de ce choix didactique et l’organisation pédagogique qui en découle et qui se situe à un double niveau, celui des contenus travaillés avec les apprenants étrangers comme celui des activités proposées aux apprenants étrangers pour travailler ces contenus et donc ces savoir-faire. Nous développerons ici ce travail sur les savoir-faire à partir de l’analyse de corpus d’apprenants en insistant sur la valeur des activités collaboratives – au cours de situations variées – avec les étudiants francophones.