Résumé
En s’appuyant sur l’analyse de deux conflits liés aux débordements socio-environnementaux de l’industrie de transformation des phosphates dans les régions de Sfax et de Gabès, cet article interroge les effets du moment 2011 sur la néolibéralisation du gouvernement des pollutions en Tunisie. Sous le régime de Ben Ali, déjà, l’adoption d’un cadre de régulation environnementale inspiré par la doctrine néolibérale a rencontré des limites face aux velléités de contrôle étatique. Après 2011, si les modalités de gouvernance néolibérale se sont renforcées, si l’espace industriel a été réaménagé au service de la compétitivité territoriale, c’est une vieille solution, l’octroi de compensations aux groupes protestataires, qui a permis de résorber les conflits.