Résumé
Le propos de cette étude prospective était de savoir si la génioplastie fonctionnelle associée à l’orthodontie chez les patients à croissance mandibulaire verticale, présente, outre un intérêt esthétique et de stabilité orthodontique, un intérêt dans la prise en charge pluridisciplinaire de la ventilation orale.
Vingt-cinq adolescents, d’une moyenne d’âge 14,6
±
1,4 ans, non obèses, avec un excès vertical du tiers inférieur de la face justifiant une génioplastie, ont été opérés en fin d’orthodontie. Ils avaient une ventilation à prédominance orale malgré prise en charge ORL et rééducation. L’impact fonctionnel de la génioplastie a été analysé du point de vue clinique et polysomnographique par comparaison avant–après.
Avant génioplastie, 52 % des adolescents présentaient un syndrome de résistance des voies aériennes supérieures avec hypopnées obstructives et faible efficacité du sommeil. Trois à six mois après génioplastie, le mode de ventilation change d’oral en nasal (
p
<
0,001). La fermeture des lèvres sans contraction des muscles labio-mentonniers est rétablie d’une façon significative. Tous les symptômes nocturnes se sont améliorés. La proportion de patients souffrant de ronchopathie, de sécheresse buccale et de perturbation du sommeil diminue significativement (
p
=
0,08,
p
=
0,001,
p
=
0,0009, respectivement). Les évènements respiratoires et l’architecture du sommeil se normalisent. Deux cas cliniques présentant un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sont développés.
La génioplastie à l’âge pubertaire, en favorisant la fermeture labiale spontanée, permet de recouvrer la ventilation nasale. Elle améliore la pathologie obstructive et ses manifestations lors du sommeil.