Résumé
Cet article introduit le dossier « Professionnel·les de l’environnement aux Suds ». Nous revenons d’abord sur les diverses manières dont la littérature en sciences sociales du politique a jusqu’ici traité les formes de professionnalisation sur l’environnement pour ensuite dégager les deux axes qui structurent le numéro. Le premier axe interroge les conditions de cette professionnalisation, c’est-à-dire les configurations, contextes et ressources qui rendent possible le travail sur l’environnement. Le deuxième axe interroge les usages qui sont faits des normes environnementales le plus souvent définies depuis les Nords. Ensemble, ces dimensions permettent d’interroger le caractère ordinaire du travail environnemental vis-à-vis d’autres secteurs. À partir de quatre cas (Équateur, Sénégal, Bénin, Kenya), ce dossier révèle qu’au cœur de la professionnalisation sur l’environnement se trouve un processus de consensualisation, qui a pour effet d’invisibiliser et de dépolitiser les nombreuses controverses liées à l’exercice des ingénieries environnementales. À l’instar de ce qui est observé et documenté dans les pays du Nord, les enjeux environnementaux s’insèrent pleinement dans les routines bureaucratiques des États et dans les logiques économiques libérales des politiques de développement.