Résumé
La restauration de la flexion du coude est un temps essentiel de la prise en charge des lésions du plexus brachial. Au-delà d’un an de dénervation, l’atrophie musculaire est telle, que l’apport d’un nouvel effecteur par un transfert musculaire libre est une option thérapeutique. Le but de cette étude est d’évaluer les résultats des transferts musculaires libres de
Gracilis innervés par trois nerfs intercostaux pour rétablir la flexion du coude.
Nous rapportons une série rétrospective de transferts de
Gracilis chez 12 hommes de 25,6
ans d’âge moyen (23 à 37) avec un recul de 112 mois (28 à 260). Il s’agit de patients opérés à 42
mois (14 à 153) d’un accident de la voie publique, porteurs de cinq paralysies partielles C5C6C7 et sept totales C5T1. La technique opératoire ainsi que le protocole de rééducation ont été identiques chez tous le patients.
On déplore deux thromboses artérielles précoces (17 %) conduisant à un échec fonctionnel. Après exclusion de ces deux échecs, l’ensemble des patients obtiennent un résultat utile score Medical Research Council supérieur ou égal à à M4 pour une force de flexion du coude évaluée par un dynamomètre de 2,5
kg. Elle est de 3,8
kg (2,7 à 55) pour les lésions partielles, et de 1,6
kg (0,3 à 1,5) pour les totales. La flexion active du coude est de 128° pour une extension de –38° dans les plexus partiels contre 103° et –23° dans les plexus totaux. Le score DASH est en moyenne de 42 pour les plexus partiels contre 32 pour les totaux.
Le transfert musculaire libre de
Gracilis est une technique lourde avec un taux d’échec vasculaire non négligeable, conduisant à des résultats reproductibles et intéressants. Comparée à la littérature, notre série est superposable aux sutures primaires, réalisées avant six mois pour les paralysies totales et 12 mois pour les partielles C5C6C7, et supérieure au-delà.
IV.