Résumé
Cet article aborde les trajectoires des mobilisations dans la périphérie de Dakar (Sénégal) où les changements d’usage des terres provoquent souvent des dépossessions foncières. L’administration domaniale attribue en effet des terrains à des acteurs privés, mais sans toujours tenir compte des propriétaires ou des occupants antérieurs, villageois ou citadins. Ces derniers peuvent alors riposter pour garder leur contrôle sur la terre. À partir des expériences de deux collectifs, l’article analyse la résistance ouverte et les luttes qui ont lieu et qui reportent parfois les décisions d’éviction, faisant alors basculer les mobilisations dans une phase plus discrète. Les victimes de ces évictions cherchent de cette manière à jeter toute la lumière sur les manquements qui sont au cœur des conversions foncières dans le but d’intenter des actions en justice, ce qui pousse en retour les acteurs privés à tenter de contourner les résistances.