Résumé
Les pertes de CO2 par respiration vont déterminer largement les échanges nets de carbone des écosystèmes. L'objectif principal de cet article est de comprendre les régulations imposées par la teneur en eau et la température du sol sur les efflux de CO2 du sol et de l'écosystème dans une forêt méditerranéenne de chêne vert (Quercus ilex L.). La respiration du sol a été mesurée mensuellement en 1999 et 2001. Par ailleurs, une expérimentation, mise en place en 1999, comprenant trois régimes hydriques a été suivie pendant 9 mois sur 9 parcelles de 0.3 m2. Les résultats mettent en évidence la très forte limitation des efflux lorsque la teneur en eau du sol est inférieure à 70 % de sa capacité de rétention. La respiration de l'écosystème mesurée sur une période de 4 ans par la méthode des fluctuations turbulentes montre la même sensibilité aux deux facteurs. Les conditions de fortes limitations par une faible teneur en eau du sol affectent l'écosystème environ 90 jours par an. Les meilleurs ajustements pour la simulation des flux de CO2 du sol et de l'écosystème sont obtenus pour un modèle dans lequel l'effet exponentiel de la température est fonction linéaire de la teneur en eau du sol (r2 de 0.68 et 0.79 pour le sol et l'écosystème). La sensibilité de la respiration à la teneur en eau du sol est plus grande pour le sol que l'écosystème. En conditions hydriques sèches, pour une capacité relative en eau (RWC) égale à 0.4, une augmentation de température de 1 °C entraîne une augmentation de la respiration du sol et de celle de l'écosystème de 5.7 % et de 8.6 % respectivement. En conditions non limitantes (RWC = 1), le même accroissement de température provoque une augmentation de respiration de 8.5 % et 16.5 % pour le sol et l'écosysteme respectivement. Toute modification des conditions hydriques aura donc des répercussions sur les flux respiratoires et sur les échanges nets de carbone des écosystèmes forestiers méditerranéens.