Résumé
Le virus de la dengue (DENV) est un problème majeur de santé publique dans les régions tropicales et subtropicales, y compris dans le Pacifique. La température est reconnue comme un facteur majeur de transmission dans le contexte du changement climatique. Il est essentiel de comprendre comment la hausse des températures peut modifier la transmission du DENV afin d'anticiper les risques futurs liés à la dengue. Nous avons donc évalué l'effet de la température sur le DENV-1 chez les moustiques Aedes aegypti de Nouvelle-Calédonie. Les moustiques ont été infectés par voie orale et maintenus pendant 14 jours à une température de 26,6 °C (température moyenne lors des récentes épidémies) ou de 31,1 °C (température prévue selon le scénario SSP5-8,5). Le corps, la tête et la salive des moustiques ont été analysés séparément afin de déterminer les taux d'infection, de dissémination et de transmission, ainsi que l'efficacité de la transmission. Le virus infectieux a été détecté à l'aide d'un test de focalisation fluorescente, et les titres viraux ont été quantifiés à l'aide de tests TCID50. Aucune différence significative n'a été observée entre les deux températures en termes de taux d'infection, de dissémination et de transmission ou d'efficacité de transmission. Cependant, les titres DENV dans le corps et la tête des moustiques étaient significativement plus élevés à 31,1 °C qu'à 26,6 °C. Nos résultats indiquent qu'une température élevée augmente la charge virale chez l'insecte, mais pas la proportion de moustiques infectieux, soulignant l'importance de considérer la température comme un paramètre clé dans l'évaluation du risque de dengue dans le contexte du changement climatique. D'autres études sont nécessaires pour étudier les effets de la température sur les interactions entre le virus et les moustiques.