Résumé
L’origine des diatomées reste toujours énigmatique. Leur registre fossile est rare jusqu’au Crétacé supérieur et il existe de grandes différences entre les données moléculaires et les premières évidences fossiles du groupe. Tandis que les données moléculaires indiquent une origine durant le Trias ou le Jurassique inférieur, les plus anciennes traces fossiles sont seulement de la fin du Jurassique, début du Crétacé. La découverte de diatomées dans l’ambre médio-crétacé français à la fin des années 2000 avait déjà suggéré un potentiel biais dans le registre fossile des diatomées car cela vieillissait plusieurs lignées précédemment connues uniquement à partir du Crétacé supérieur. Le registre fossile des diatomées du Jurassique et du Crétacé inférieur est extrêmement limité et toute nouvelle occurrence est importante pour retracer l'histoire évolutive, paléogéographique et paléoenvironnementale des diatomées. L’ambre de Thaïlande a permis la découverte d’un nouveau spécimen de diatomée attribué au genre Hemiaulus. Les données paléontologiques et sédimentologiques attestent que l’ambre thaïlandais et la diatomée qu’il contient sont d’âge Jurassique supérieur. Cette découverte représente le plus ancien spécimen du genre Hemiaulus connu à présent et étend donc le registre fossile des diatomées bipolaires et du genre Hemiaulus de plusieurs dizaines de millions d’années et rapproche ainsi le registre fossile des données moléculaires (qui estimaient l’origine des diatomées bipolaires à environ 150 millions d’années). Cela renforce l’hypothèse d’un registre fossile pré-crétacé et soutient une origine des diatomées au sein d’environnements marins néritiques.