Résumé
De nombreux travaux ont conclu au fait que les agents économiques, dont les propriétaires et gestionnaires forestiers, utilisent en pratique implicitement des taux d’actualisation décroissants pour évaluer des recettes ou des dépenses futures. Dans un contexte déterministe, cela conduit à une certaine incohérence des décisions, comme dans l’exemple schématique que nous développons, pour lequel les sylviculteurs sont conduits à prendre une suite de mauvaises décisions (choix erronés de l’essence de reboisement). Cependant, des travaux récents en économie théorique ont montré que, dans un contexte d’aléas, le choix de taux décroissants pouvait être rationnel. Nous montrons dans ce cadre comment l’incohérence temporelle peut être surmontée et comment la méthode classique de Faustmann peut être étendue. Nous illustrons sur un exemple concret l’impact sur les décisions de sylviculture de l’emploi de ces taux non constants.