Résumé
Étudier les liens entre : (1) les évènements respiratoires (index d’apnées/hypopnées-IAH) pendant le sommeil ; (2) la sévérité de la somnolence et les comorbidités cardiovasculaires (Co-CV) dans la narcolepsie de type 1 (NT1), maladie modèle de dysrégulation du sommeil paradoxal (SP).
Au total, 374 patients NT1 adultes consécutifs (201 hommes, âge moyen 37±17 ans), non traités, ont bénéficié d’une polysomnographie suivie de tests itératifs de latence d’endormissement (TILE), avec recueil de l’IAH, IAH en sommeil lent (SL), IAH en SP, et d’une évaluation standardisée avec échelle d’Epworth, échelle de sévérité de la narcolepsie (NSS), et recueil des Co-CV. Un IAH-SP/SL ≥ 2 avec IAH ≥ 15/h définit un trouble respiratoire du SP (TR-SP).
Au total, 175 patients (47 %) avaient un IAH ≥ 5/h, dont 9,9 % un IAH ≥ 30/h (syndrome d’apnées du sommeil-SAS, sévère). Soixante-huit patients (18,2 %) avaient ≥ 1 Co-CV. Les patients avec un SAS sévère avaient une somnolence plus sévère (Epworth 19,6±2,9 vs 17,8±3,7, p=0,01 et latence moyenne au TILE 3,8±2,8 vs 5±3,9min p=0,05), un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé (30,2±4,2 vs 25,9±4,8, p<0,001), sans différence sur les Co-CV, ni sur les scores NSS. Chez les patients avec un TR-SP (14 ; 3,8 %) et ceux avec un IAH-SP ≥ 20/h (79 ; 21,1 %), aucune différence sur la somnolence, la NSS, ni les Co-CV n’était retrouvée.
Dans la NT1, la présence d’un SAS sévère s’associe à une somnolence plus sévère et un IMC plus élevé. Les Co-CV ne semblent pas en lien avec la sévérité des évènements respiratoires au cours du sommeil, notamment en SP.