Abstract
La littérature montre que l’attribution de stock-options oriente les actions des dirigeants vers la création de valeur à long terme ce qui favorise l’investissement en R&D. Nous nous demandons si ce mécanisme fonctionne même lorsque le dirigeant a des incitations au court-termisme (ici atteindre des seuils de résultat). Ne pas atteindre un seuil peut être perçu négativement par les investisseurs, ce qui peut conduire à une chute du cours boursier.Notre échantillon est composé d’entreprises françaises issues du SBF 120 investissant en R&D sur la période 2009‑2015.Les résultats montrent l’influence ambivalente des stock-options sur l’investissement en R&D. Attribuer des stock-options favorise l’investissement en R&D uniquement lorsque le dirigeant n’a pas d’incitation à réduire les dépenses de R&D pour atteindre les seuils de résultat sur le court terme. En revanche, si le dirigeant est en situation de ne pas atteindre le seuil, les stock-options l’incitent à réduire les dépenses de R&D. En effet, manquer les seuils, fait baisser le cours boursier et donc le montant de rémunération issue des stock-options que pourrait percevoir le dirigeant.La principale contribution de notre travail est de montrer que les incitations subies par les dirigeants, pour agir de manière court-termiste, modifient l’efficacité des mécanismes de rémunération en tant qu’outil de gouvernance supposé orienter les décisions des dirigeants vers l’investissement de long terme.