Résumé
La spasticité est le symptôme principal des paralysies centrales. L’hyper activité de la boucle réflexe n’était jusqu’à présent chirurgicalement accessible qu’aux dénervations plus ou moins sélectives. La persistance d’unités motrices fonctionnelles conduit souvent à une récidive de la spasticité ou, le cas échéant à un affaiblissement important du muscle dénervé.
Nous proposons une technique nouvelle de sections/sutures nerveuses reposant sur déconnexion de toutes les unités motrices d’un muscle cible, puis par la suture immédiate restituer la repousse motoneurale sans la boucle réflexe, mettant à profit les erreurs de connexion et la moindre repousse sensitive afin de redonner une fonction motrice sans la spasticité.
Nous rapportons nos 6premiers cas de sections/sutures tronculaires du nerf musculo-cutané (MC), de 38,8ans±18,5 [21–62] d’âge moyen (3paralysies cérébrales, 2accidents vasculaires et une pathologie neurodégénérative).
L’indication était systématiquement validée par un bloc anesthésique du musculo-cutané montrant une réduction du flessum du coude et la conservation d’une flexion active. Après section du tronc commun de la MC, il était immédiatement suturé au nylon monobrin9/0. Les patients étaient évalués en postopératoire immédiat et avec un recul moyen de 14mois.
D’autres procédures ont été associées, une cryoneurolyse de l’anse des pectoraux, 5dénervations (latssimus-dorsi, Teres-minor, Pronator Teres, branche motrice du Nerf ulnaire). Trois arthrodèses raccourcissant du poignet, 6allongements des fléchisseurs.
La spasticité (Ashorwth) a diminué de 58,8 % de 3,8±0,4 à 1,7±1,4. Le déficit d’extension active du coude est passé de 82,5°±35,7 à 51,7°±29,9 [−45,8 %], la force de flexion est passée de4,0±0 à 3,2±0,4 BMRC (−18,8 %).
Le score INOM proximal augmentait de 42,0 % (de 4,2±2,6 à 4,8±2,8).
Nos premiers résultats montrent une diminution importante de la spasticité, avec un gain en extension active du coude et un respect de sa flexion.
Nous n’observons pas sur un recul encore court de récurrences ou de troubles sensitifs.
Au-delà de la diminution constante de la spasticité, 3tableaux s’individualisent :
– les formes déficitaires superposables à une simple neurotomie chez des patients initialement déficitaires ;
– les récidives partielles après une amélioration initiale, le résultat se dégrade avec l’émergence d’une spasticité du Brachio-Radialis ;
– les meilleures indications, il s’agit de paralysies cérébrales fonctionnelles, qui au-delà du gain analytique, recouvrent un mouvement plus fluide sans spasticité.
Cette technique innovante et prometteuse justifie d’effectifs et de recul pour être validée.