Résumé
Objectif. -Les périodes de normothymie dans les troubles bipolaires sont classiquement considérées comme étant indemnes de troubles psychiatriques avérés. Cependant, des résultats récents évoquent la possibilité d'une dysrégulation émotionnelle même au cours de ces périodes. L'objectif de cette étude est donc d'étudier la réactivité émotionnelle des patients bipolaires en phase de normothymie par rapport à un groupe témoin. Méthode. -La réactivité émotionnelle de 145 sujets (90 témoins et 55 patients bipolaires en phase normothymique) a été évaluée au moyen d'une méthode d'induction émotionnelle basée sur le visionnage d'un set de 18 images à tonalité positive, négative ou neutre. Nous avons mesuré et comparé l'évaluation subjective de la valence (plaisant, neutre ou déplaisant) et l'intensité émotionnelle ressentie (éveil plus ou moins intense). Résultats. -Les patients bipolaires normothymiques attribuent en moyenne la même valence et la même réactivité émotionnelle que les témoins face aux images positives et négatives. En revanche, les images neutres sont évaluées comme étant plus plaisantes et plus émouvantes par les patients bipolaires normothymiques que par les témoins. Conclusion. -Les patients bipolaires en phase de normothymie semblent avoir une hyperréactivité émotionnelle qui se manifeste particulièrement en situation neutre. Cette hypersensibilité pourrait être liée à une dysrégulation émotionnelle, possible endophénotype de la pathologie bipolaire.