Résumé
Contexte. La Haute Autorité de santé priorise trois axes pour améliorer la prise en charge de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) : renforcer la détection précoce, éviter l’hospitalisation, structurer le parcours de soins. Une recherche-action (RA) a été conduite dans une maison de santé pluriprofessionnelle avec intégration d’un parcours de soins priorisé sur la détection précoce. Objectif. L’objectif était d’explorer les effets de cette démarche sur les participants pluriprofessionnels en soins primaires. Méthodes. Un projet de RA participative fondé sur la mobilisation des connaissances a été réalisé. Les connaissances ont été synthétisées sur les facteurs influençant la prise en charge des patients atteints de BPCO en soins primaires, dans un processus collaboratif, mobilisant du contenu pour la formation. Des entretiens semi-dirigés ont été analysés selon une méthode phénoménologique sémiopragmatique. Ré sultats. Quinze professionnels ont participé aux ateliers de coconstruction et onze entretiens ont été analysés. La BPCO était perçue comme une pathologie floue, peu fréquente et sans repères clairs de suivi. L’impact principal de la RA était un engagement professionnel renforcé autour de la BPCO, passant par 1) l’appropriation du spiromètre, qui a permis d’amorcer une démarche de détection précoce, bien accueillie, mais nécessitant une formation complémentaire ; 2) une réflexion sur l’identité professionnelle, renforçant l’engagement individuel et structurant une répartition plus claire des rôles ; 3) une culture de travail collectif et la clarification du parcours de soins. La détection précoce était une porte d’entrée vers une meilleure coordination. Conclusion. Cette RA a renforcé l’engagement professionnel autour d’une pathologie sous-priorisée. Elle montre l’intérêt de démarches participatives pour soutenir les transformations des pratiques, favoriser la coordination interprofessionnelle et ancrer des outils concrets dans les soins primaires.