Résumé
En partant du constat que les kinésithérapeutes et les enseignant·es en activité physique adaptée (EAPA) se différencient moins par leur domaine d’activité, les soins physiques, que par leur rapport à la profession médicale, cet article s’intéresse aux reconfigurations des rapports entre ces métiers. Pour ce faire, nous nous intéressons à un élément structurant de cet espace, la prescription. Notre contribution s’appuie sur la mutualisation de travaux portant sur les kinésithérapeutes d’une part, et d’une recherche collective sur la prescription d’activité physique adaptée (APA), d’autre part. La comparaison de deux pratiques de prescription, l’une de kinésithérapie, incorporée par les médecins, jugée légitime pour répondre à des problèmes médicaux, l’autre, d’APA, plus variable et souvent dépendante d’une interconnaissance avec les intervenantes et intervenants qui encadrent les bénéficiaires, permet de révéler les tensions qui traversent le champ médical. D’un côté, la prescription médicale est rejetée par les kinésithérapeutes qui entendent horizontaliser leurs relations aux médecins, alors qu’elle est objet de mobilisation de la part d’EAPA qui espèrent ainsi accéder aux clientèles des médecins. Ces différentes dynamiques participent à recomposer le champ médical.