Résumé
Notre étude vise à évaluer l’efficacité d’un anticorps monoclonal anti-ACE (antigène carcino-embryonnaire) marqué à l’125I, émetteur d’électrons Auger (35A7-125I) en radioimmunothérapie intraperitonale flash (RIT-IPF) dans le traitement des carcinoses péritonéales de petites tailles (CPPT).
Des souris athymiques sont xénogreffées en mode intrapéritonéal (ip) avec des cellules A-431 surexprimant le gène ACE et le gène rapporteur codant pour la luciférase. 4 jours après la xénogreffe, les souris sont traitées par RIT-IPF : pour cela les souris reçoivent une injection ip de 185 MBq (740 MBq/mg) de 35A7-125I. Une heure après, l’excès de 35A7-125I est retiré et la cavité péritonéale est lavée avec une solution de NaCl. Le bénéfice thérapeutique d’une injection intraveineuse (iv) complémentaire de 37 MBq (740 MBq/mg) de 35A7-125I à j7 ou j11 post-xénogreffe est déterminé. Un anticorps irrelevant PX-125I ou une solution de NaCl sert de contrôle. La croissance tumorale est suivie par imagerie en bioluminescence et SPECT/CT et la toxicité hématopoïétique du traitement est évaluée. L’activité incorporée (AI) par la tumeur et les tissus sains est déterminée par une étude de biodistribution, complétée par une étude dosimétrique.
La médiane de survie (MS) des souris traitées RIT-PX-125I-IPF et RIT-NaCl-IPF est similaire (MS = 32 j). Les souris traitées RIT-35A7-125I-IPF ont une MS de 46 j et aucune toxicité majeure n’est observée. Les injections iv complémentaires à j7 et j11 augmentent la MS de façon significative (respectivement MS = 73 j et 66 j). Comparativement à une seule injection iv de 37 MBq (740 MBq/mg) de 35A7-125I, le traitement RIT-35A7-125I-IPF augmente le ratio AI tumeur/sang d’un facteur 3.
La RIT-IPF utilisant un émetteur d’électrons Auger est efficace pour traiter des CPPT. Ces résultats suggèrent que l’approche RIT-IPF peut être utilisée en synergie avec d’autres agents, notamment dans la thérapie de CPPT d’origine ovarienne.