Résumé
Les migrations indochinoises, qui dès la fin du XIXe siècle concernent l’empire colonial français, s’affirment au début du XXe siècle en France métropolitaine. De l’arrivée d’étudiants et la mobilisation des travailleurs et tirailleurs indochinois durant les deux guerres mondiales apparaît une diaspora indochinoise fragmentée en trois communautés, cambodgienne, laotienne et vietnamienne. Politisées, engagées et parfois divisées, ces communautés s’organisent en associations qui peuvent participer à la lutte pour l’indépendance des pays qui composent l’Indochine par des moyens qui leurs sont propres. Les mouvements de décolonisation post-Seconde Guerre mondiale et notamment les conséquences de la guerre d’Indochine (1946-1954) font surgir un nouveau type de migrant, les rapatriés. Cela oblige l’État français, d’une part, à créer des centres pour les accueillir et d’autre part, à redéfinir ses politiques d’accueil pour les ressortissants de ses anciennes colonies. Vingt ans après l’arrivée des rapatriés d’Indochine, le gouvernement français doit se coordonner avec diverses associations afin d’accueillir les milliers de personnes qui fuient l’Asie du Sud-Est dès la fin de la guerre du Việt Nam (1955-1975). Entre continuité et rupture, les engagements de ces derniers, en France, se tournent vers les droits de l’Homme et la préservation de leur culture respective au sein des communautés cambodgienne, laotienne et vietnamienne.