Résumé
Catastrophes et crises représentent, en théorie, des opportunités pour redéfinir les stratégies de gestion et d'adaptation face aux risques naturels. Cette assertion a été le point de départ de notre analyse réalisée sur l’île de Koh Phi Phi en Thaïlande. Cette île de renommée touristique internationale a subi de lourds dommages suite au tsunami du 26 décembre 2004. 20 ans après la catastrophe, nous avons cherché à identifier 1) les leçons tirées de la catastrophe par le secteur touristique à Koh Phi Phi, 2) les stratégies de gestion et d'adaptation instaurées sur l'île par les acteurs du tourisme pour in fine, 3) répondre à une interrogation majeure : aujourd'hui, le secteur touristique est-il « mieux » préparé pour faire face à un événement extrême ? La méthodologie repose sur une évaluation des vulnérabilités matérielles, sur la base d’indicateurs, complétée par une enquête de terrain auprès des acteurs du secteur touristique. Nos approches démontrent que si une volonté de s’adapter à travers le processus de reconstruction existe, la reconstruction rapide pour relancer l’économie touristique prévaut, faisant obstacle à l'opérationnalité (mise en œuvre concrète de mesures sur le territoire) du Build Back Better (BBB). Malgré des avancées certaines, des freins persistent à la préparation et l'adaptation des établissements, comme l'insuffisance des ressources disponibles, le manque de soutien de l’État, les défaillances de la gouvernance et de la communication envers les touristes.