Résumé
Dans la plupart des systèmes de production modernes, la protection des animaux d’élevage contre les parasitoses internes et externes implique l’administration de traitements antiparasitaires chimiques. Or, certains de ces agents sont susceptibles d’avoir des effets indésirables sur des organismes non ciblés dans l’environnement : on parle d’écotoxicité. Une fois administrées, certaines molécules ne sont que partiellement métabolisées et sont largement relarguées dans les déjections où elles conservent leurs propriétés insecticides. C’est le cas, par exemple, des lactones macrocycliques, mais aussi des pyréthrinoïdes de synthèse et des organophosphorés. Une fois dans les déjections, ces résidus peuvent avoir des effets délétères sur les organismes qui s’en nourrissent et, par exemple, les insectes coprophages. Ces effets sont de natures diverses : réduction de la durée de vie des insectes immatures et adultes, perturbations physiologiques, réduction de la fertilité… À long terme, l’effet cumulatif de ces impacts peut entraîner un déclin des populations d’insectes auxiliaires qui, par ailleurs, participent au fonctionnement des systèmes pâturés. Aujourd’hui, si les traitements systématiques ne sont plus une option favorable pour garantir l’immunité naturelle des animaux, l’utilisation plus raisonnée et adaptative des antiparasitaires chimiques peut aussi permettre de réduire les impacts environnementaux. In the majority of the modern production systems, protecting farm animals from internal and external parasites involves administering chemical antiparasitic treatments. However, some of these agents can have undesirable effects on non-target organisms in the environment: this is known as ecotoxicity. Once administered, some molecules are only partially metabolised and are largely released in faeces, where they conserve their insecticidal properties. This is the case, for example, with macrocyclic lactones, but also with synthetic pyrethroids and organophosphates. Once in faeces, these residues can have harmful effects on organisms that feed on faeces, such as coprophagous insects. These effects are varied in nature: reduced lifespan of immature and adult insects, physiological disturbances, reduced fertility, etc. In the long term, the cumulative effect of these impacts can lead to a decline in populations of beneficial insects, which also contribute to the functioning of grazing systems. Today, while systematic treatments are no longer a favourable option for ensuring the natural immunity of farm animals, the more rational and adaptive use of chemical antiparasitic treatments can also help to reduce the environmental impacts.